La fleur de traviole

Je suis la fleur qui dépasse du bouquet. Je suis l’ourlet qui n’est pas cousu et frise. Je suis la chemise pas lisse même après le repassage. Je suis le chignon qui ne tient pas. Je suis le noir sous les yeux qui rend visite aux joues. Je suis la tâche faite avec un nem. Je suis la photo floue. Je suis la chanson aux paroles approximatives. Je suis l’essai et pas la preuve.
Je suis le chant du hasard et pas le verrou des choses. Je suis l’attention qui se perd, mais je suis la curiosité qui espère. Je suis le bleu qui décolore. Je suis l’acceptation du bleu qui décolore. Je suis l’ongle qui se casse. Je suis l’armure complètement ouverte et donc inopérante. Je suis le lien qu’on peut défaire.
Je ne suis pas parfaite. Et vous ?
Fonelle d’Or décerné ce jour à Monica, qui m’a retourné l’âme à parler comme elle l’a fait. Et est à l’origine de ce post.
A jeudi, les adorés…
Sophiefonelle
Ps. Icimilan et aussi CARLOTTA, non bien sûr la photo de l’autre jour n’est pas celle de la loge de ma gardienne, qui ne tiendrait pas dedans ! C’est une loge vide, à l’entrée d’un showroom d’A.P.C., rue des Saints Pères à Paris.
Ps2. Sabcestbien, ton « la perfection c’est pas la facilité dans la vie », tu vois tombe à pic.
Ps3. Vigipirate, merci pour ton attention bienveillante. L’autre jour, c’était fait exprès !
Ps4. Cc, la laideur des vêtements, un tourment…
Ps5. Domino, très très très beau ce que tu racontes sur le regard que les autres portaient sur toi.
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Belle leçon de vie de vous tous. Suis je la seule de la Horde à ne pas (encore) accepter mes défauts, mes imperfections et de me tourner en boucle dans la tête? Mais j’y travaille pour « lâcher » un peu…. en cette période pas envie de faire ma couleur et j’observe mes racines grises avec bienveillance (on en avait parlé ici). Un début….
J ai du savoir très tôt mon imperfection.
Mère y a vu une gêne ,une impossibilité pour moi réelle à rejoindre ses exigences.
J ai tendu vers un être normal donc imparfait que j ai pu vivre.
Au bout compte c’est une joie de vivre avec des twists dans la vie
Et c,est drôlement bon
Et merci pour vos plans tourneboule
Ça peut p’et même faire avancer.
Fin de la prise de chou. Bisous a tâta fonfon
La forme c’est le fond qui remonte à la surface… Sublime Victor Hugo… Toujours. Profus et divin…
Merci Anne-Marie:-)
Que c’est doux ça…
Magnifique!!
J’ai bien fait de faire un petit tour sur le blog et puis au pif, en déroulant, je lis le petit « poeme » de Nicolas Tavitian.
Comme dit Assia, quand Fonelle dégaine…c’est beau!!
Fonelle, vous êtes le naturel qui révèle son charme.
J’aime ce que dit Cotonnière, la vie qui vit dans cette niche du presque. Mais il faut souvent du temps pour le comprendre.
Il faudrait passer le message, surtout dans votre milieu, parce qu’on nous fait croire que le bonheur c’est justement la course à la perfection! Il suffit d’ouvrir les magazines, regarder les unes, où tout est si lisse, jamais de chemise froissée, ni de photo floue mais toujours retouchée.
Vous avez oublié de mentionner votre voix…et ces paroles nous font tout de suite imaginer une belle chanson (et qui sait, peut-être une vidéo?)
Fonelle, La Horde, je vous avais perdus ! Mais comment j’ai pu ! Il manquait une fleur à mon bouquet, et c’était vous… je me suis souvenue et voilà, c’est bon.
je suis émue par tant de poésie et de délicatesse
Avec ce post, Fonelle, tu es mûre pour écrire des chansons (très belles) !
La chanson de Nicole Rieu me revient immédiatement en mémoire et j’aime cette douce mélodie, j’aime ses paroles et les tiennes qui sont toutes deux intemporelles.
Moi aussi je suis imparfaite et je lutte contre ma rigidité,
c’est amusant de constater que pour être souple physiquement et psychologiquement il faut faire beaucoup d’effort.
J’ai toujours pensé que pour être cool il fallait simplement lâcher prise et accepter ce qui est, mais pour certaines personnes comme moi, lâcher prise demande des efforts, de l’estime de soi, de la confiance, de l’amour….
Prendre conscience de ses faiblesses c’est déjà un pas vers la souplesse ;)
Très bonne journée à toi
Mais c’est presque du Carla Fontanel… pardon Carla Bruni…
Je suis le sol et toi le la !!!!
J’aimais bien quand elle chantait.
Bref ta prose est parfaite !! et j’aime bien les répétitions !!!!
Isis
Exquise esquisse… MERCI Sophie.
La Beauté réside dans les imperfections, les fêlures, les failles qui affleurent nos visages… Que ta horde est belle !!!
D’ailleurs si tu prends un demi-visage seulement et que tu fais une symétrie axiale verticale, tu obtiens un visage entier censé être parfait géométriquement, et qui pourtant n’est jamais beau. Jamais. Et la figure la plus parfaite, le cercle, est bien souvent vicieux ! CQFD ;)
Je t’embrasse.
Anne
@marga : merci, j’ai failli louper ton post, je suis retournée sur l’article précédent pour lire celui de monica, très joli en effet…je commence à ressentir l’effet « horde », quelle joie !
Et nous? Nous sommes la tribu impromptue, la horde qui déborde, le troupeau qui cherche du beau. D’ailleurs, il faudrait dans ce commentaire saccager les rimes, laisser l’air se faufiler entre les mots libérés. Le regard tombe sur la perfection, puis en glisse, n’ayant rien à quoi se raccrocher.
Bizarement, je me trouve plus nette dans des habits non repassés.
Comme si ainsi , ils s’associaient mieux à mon aspect général .
Mais ceci ne s’applique pas aux vestes ou manteaux, là, au contraire j’ai vraiment l’air de sortir tout droit de la poubelle.
C’était un bien joli post today.
c
Si Carla B. ne te contacte pas dès ce soir pour mettre ça en musique, et si ça ne fait pas un mega carton, alors là je serais très étonnée !
@ Nicolas Tavitian: serais-tu poete? maudit?????
Je suis le chant du hasard et pas le verrou des choses … quelle beauté ! Vive les cailloux et les imperfections qui font chanter la rivière de notre vie …
je suis flou,
une ile dans les embruns, une oasis improbable en un soleil chaud, une photo qui se dilue dans sont fond, j’aime. Du flou , de la différence naissent les possibles, les poésies, les vies douces
Je suis l épreuve et pas la preuve
« La forme c’est le fond qui remonte à la surface » -Victor Hugo
Quand je me regarde avec mes frusques froissées et mes « assortiments » improbables j’ai vraiment l’impression d’avoir une représentation de mon cerveau… Barré.
Bonjour Sophie. Voilà des mois que je vous lis ici planquée derrière mon écran, et des années que je me pourlèche de vos papiers et de ceux de vos copines de ELLE.
Le sujet du jour me parlait plus que jamais, alors voilà. J’ai poussé la porte.
c’est comme le début d’un nouveau livre…
qu’on a envie de lire
Etre l’acceptation du bleu qui décolore c’est accepter de passer à la machine, le quotidien de bp qui n’en font pas un drame et passe rapidement au cycle suivant en toute imperfection.
Des mots tellement simples pour croquer nos vérités
parce que dans ces lignes chacun se retrouve
et c’est dit comme de la poésie
Alors me vient se vers de Keats (petit doute de traduction, mais bon…)
La vérité est beauté, la beauté est vérité…
Merci qui ? Merci Sophie!
Je ne suis pas parfaite mais comme le dit mon chéri : je suis vivante.
Oui, moi aussi j’ai la fleur qui frise et le bouquet décousu… mais qu’est ce que je suis bien depuis que j’ai décidé de l’être !
Ca n’existe pas la perfection, même chez les filles qui ont l’air toujours ok, je suis sure qu’il y a un domaine où elles n’arrivent pas à être ok
Tu parles de photo floue. Finalement il n’y a que sur une photo floue que je consents à me regarder. Mais alors bien floue, hein. Et puis couleur sépia aussi tiens
l’étiquette qui sort de l’encolure, mon sac en bordel au bout de 15 minutes de collaboration, la paupière droite pas maquillée pile comme la gauche et des pièces qui cliquettent dans mon pantalon chic, je suis toujours mal rangée
c’est très beau comme tu le dis!
ça me rappelle une magnifique chanson de gianmaria testa qui s’intitule « la tela del ragno » et qui fait une sorte de « mea culpa » existentiel similaire. si ça passe, c’est ici:
http://www.gianmariatesta.com/french/album/marecanzoni.php?canzone=5
Naïvement peut-être je me dis que si nous sommes conscients de nos imperfections nous serons peut-être davantage enclins à accepter celles des autres…
Les gens qui se veulent parfaits n’ont-ils pas la tentation de n’être pas ainsi critiqués ? Mais l’homme est ainsi fait que la langue aime bien « fourcher » sur les défauts du voisin que sur les siens…
je relis et je me rends compte que Fonelle ne trouve pas non plus que la « curiosite… » soit une imperfection. desolee.
moi, je suis « la curiosite qui espere » oh oui, mais je ne trouve pas que ce soit une imperfection. du reste, parlera-t-on jamais assez du charme de l´imperfection?
Très joli! :-)
Superbe intelligence – Sublimement dit -
ça clou le clapet à toutes ces revendications des semaines précédentes
Tu es une étoile qui brille
ha que j’adore l’imperfection, celle de l’ourlet pas toujours fait, de la mèche qui tombe n’importe comment, du mocassin un peu usé ou du pull boutonné lundi-mardi
je ressens une grande angoisse face à la fille qui a toujours l’air de sortir de chez un coiffeur qui ferait aussi presse à vêtements / blanchisseur de dents / pédicure / manucure, comme s’il s’agissait d’une autre espèce que moi
par contre, comme quand même il faut mettre des limites (oui oui), il faut reconnaître que s’il y a des imperfections charmantes, il y en a aussi des terrifiantes, en tête desquelles on trouve le brin de persil entre les dents
alors pourquoi l’eye-liner un peu coulé = OK, et la miette coincée = au secours ?
Imparfaite et fière de l’être ! C’est notre petite part d’humanité …
Pendant longtemps, j’ai déploré d’être toujours « presque……….. », avant de comprendre que c’est dans cet espace que se niche la vraie vie.
hazard
Moi non plus, je ne suis pas parfait. Évidemment.
Mon principal défaut, je n’ai pas besoin de fermer les yeux sur ma réflexion pour le trouver. Je suis un homme qui regardera le ciel refléter en morceaux sur le sol, au hasard des flaques, laissées par la dernière averse. C’est ça mon défaut. Je suis celui qui regarde en bas quand tout se passe en haut.
j’ai essayé d’etre une fille parfaite pour ma mère, mais ça n’a rien changé à nos relations qui étaient faussée dès le départ mais je ne le savais pas encore et c’est moi qui m’excusais de ne pas etre la fille qu’elle aurait voulu avoir alors qu’elle n’était pas la mere qu’elle aurait du etre.
tout les pas parfaits que tu décris sont des (faux) pas… parfaits.
En revanche, je suis la babouche qui rebique avec le pantalon bouffant, par exemple là, c’est du vêtement moche, même pas imparfait car parfait il ne l’est jamais..
Oh oui moi je suis la tache sur le pantalon tout neuf, la tache que je frotte avec du savon de marseille et qui laisse une jolie auréole, je suis la manche déchirée (puis délicatement recollée par un génial artisan) d’un blouson en cuir, je suis le petit trou fait par la broche de ma grand-mère et recousu à la hâte, je suis toutes ces imperfections. Mais moi aussi je les accepte, toujours un peu fascinée par ces femmes parfaites, en blanc immaculé, aux ongles vernis sans éclat, au teint parfaitement unifié. Avant, je rêvais de devenir comme elles, aujourd’hui je sais que jamais je n’en serai. Et ça me rend, sans raison, presque fière. Merci Sophie pour ces mots qui disent tout.
By the way, félicitations pour ce lieu accueillant et personnel à la fois.
Je suis particulièrement imparfaite en ce moment où la fatigue me fout dans des situations ubuesques.
Je suis l’acceptation faite femme de mon imperfection maternelle mais ôh combien humaine. Et j’en ris aux éclats.
(la plupart du temps)
There is a crack in everything. That’s how the light gets in (leonard cohen)
Quand on lit ces mots on voit bien que c’est vous, l’auteur de « Grandir » qui écrit vraiment ici. Moi aussi je suis comme vous, je l’écrirais comme vous si je savais écrire.
Et bravo pour le dailyELLE! Quel succès, on en parle jusqu’en Italie!
Et voilà, quand Fonelle dégaine, c’est sublimement écrit.
à ta phrase : « Je suis l’essai et pas la preuve. », je réponds « je suis la VIE »!
et comme le dirais JJ Goldman, « à nos actes manqués » !
j’aime ici trouver la vie, le débat et les ébats d’idées.
ps : parfois le bien gagne sur le mal. j’ai réussi (avec un peu d’aide) à bouter Dark Vador hors nos bureaux et ça me rempli de joie… pourtant je ne lui souhaite pas de mal, juste qu’il n’en fasse plus.
La beauté de l’imperfection !