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Pourquoi c'est important

La mort de Jean-Luc Delarue

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Ce que la vie fait d’un homme. Comment la vie démolit un homme. Il y avait quelque chose qui fendait le cœur chez Jean-Luc Delarue et, dans la rue, le pardessus bleu marine avait beau être parfaitement coupé, et d’un cachemire qui vivrait plus vieux que son propriétaire, on ressentait surtout la froide lucidité de cet homme. Il marchait dans le crépuscule, longeant le quai Malaquais pour s’en retourner chez lui, avec des airs de James Dean, mais aussi, dans cette démarche si triste, une force terrible, enragée, animale, vivace… Juste ces quelques mots pour dire que cette démarche, révolue, nous prend un peu à la gorge aujourd’hui.

Sophie Fontanel

 

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16 réponses à La mort de Jean-Luc Delarue

  • summerain

    Votre texte est exactement ce que j’ai toujours penser de Delarue.Il me faisait de la peine,me toucher,meme a l’epoque ou il etait la star de « ça se discute ».Je ne serais pas dire pourquoi mais vous lire me dit qu’enfin je n’etais pas la seule a pensé ça.

  • BERETTA

    pourquoi les gens qui réussissent tout, se lancent dans l’auto destruction? une question qui restera toujours sans réponse

  • caroline seyer

    Tres jolie Sophie ce Commentaire Amère et bien vaillant pour quelqu un partit trop tot.

  • Lafeeclochette

    qu’il trouve enfin la paix, là où il est désormais,et que ceux qui se détruisent ici-bas réfléchissent à la fragilité de notre vie sur terre:ici et maintenant,voilà l’important,,

  • marga

    je n´aimais pas ses apparitions sur l´ecran. je zappait automatiquement a chaque fois. et pourtant, qu´il etait beau! il me donnait l´impression d´etre trop sur de lui, donc trop inconfortable.
    maintenant je sais que c´etait sa souffrance qui m´incommodait, son mal-etre, sa… noirceur???

  • Nicolas Tavitian

    Un temps, je croisais souvent Jean-Luc Delarue. Une star d’émissions diffusées à heures fixes dans des millions de télévisions. Je ne vous apprends rien. Mais, dans ma vie, il me faisait le même coup, Delarue. Il arrivait à heure fixe, chaque jeudi matin dans le Café des Beaux-Arts. J’ai dû le voir vingt ou peut-^etre trente fois. Peu importe. J’ai pris le temps de l’observer. Quelques secondes, en fait. Mais, comme souvent, c’est la première fois qui me revient à l’esprit avec le plus de précision. Assis en terrasse je lisais « Les heures » de Michael Cunningham. Un chef d’oeuvre. Il est arrivé à l’arrière d’une moto rutilante, a retiré son casque et a fait ce mouvement de tête qui remet une mèche rebelle à sa juste place. J’aurais pu trouver ça un peu ridicule. Ce geste. Ridicule, aussi, cette grosse moto. Mais, pire, j’ai trouvé ça très beau.
    J’aurais voulu rester sur cette impression mais plus je le voyais et moins j’y voyais clair. La semaine dernière je me suis plongé dans l’Oeuvre de l’artiste Marina Abramovic et écoutais attentivement son « Manifesto ». C’est sa définition de ce que devrait être un Artiste. Elle dit par exemple « The deeper an artist looks inside himself, the more universal he becomes ». Il y a un mois, je lisais aussi dans le Vogue d’Août une interview de Lou Doillon. Elle dit que, lorsque sa mère a sorti le film Boxes, Michel Piccoli lui avait dit « Il n’y a rien de plus universel que l’extrêmement personnel ». C’est tellement vrai. Il y a souvent des échos, comme ça. À travers ce mot, Universel, trop de gens pensent reconnaissance et royalties. Les cons! Je ne sais pas si Jean-Luc Delarue était de ceux-là. Mais, en y repensant, j’ai aujourd’hui l’impression que, chez lui, c’était le contraire. Je crois qu’il nous a tout raconté. Sa séparation, son enfant, son agression sur le Pont des Arts, le coût de ses dépendances, son mariage, sa maladie. Et j’ai l’impression que son « extrêmement personnel » l’a projeté au-delà de l’universel, dans quelque-chose de flou qu’il m’était finalement difficile de regarder plus de quelques secondes depuis ce coin de café où je n’irai plus sans penser un peu à lui, très beau, à l’arrière de cette grosse moto qui hurlait trop fort.

  • Scarlett

    Merci pour celui qui était capable de tant d’empathie honnête.
    Nous l’aimions tous….

  • annick

    Je suis bouleversée par cette horrible nouvelle, j’ai passé tellement de temps en sa compagnie … au travers de mon écran de télévision … votre hommage est plein de respect … c’est la faille qui fait l’homme … sublime faille en l’occurence ***

  • Murielle

    Tres bel hommage Sophie, le plus juste et vrai.
    Je suis triste aussi, il avait eu la force de sortir de ces démons et hélas la maladie l’a rattrapée et abattue.

  • isa du moun

    Jean-Luc c’était quelque chose de l’enfance de Canal +, où il était comme un fiancé idéal…
    Et oui ça me rend triste tout ce qui lui est arrivé, parce qu’effectivement on ne sait pas quels démons il fuyait, et aussi parce que j’ai un ami un peu pareil, et que je ne sais pas quoi faire pour lui….

  • ibanez

    J’ai éprouvé de la tristesse en apprenant la mort de Jean-Luc Delarue surtout a l’âge de 48 ans mais restera dans ma mémoire des français grâce a la télévision.Mes pensées vont a son épouse ses enfants et sa famille.Que Dieu vous accueille auprès de lui afin que vous puissiez trouver la paix .Reposez en paix Jean-Luc

  • Chris

    Je me suis toujours demandé quels démons il fuyait.

  • Monica

    C’est vrai, ça me fait de la peine. Difficile de bien savoir pourquoi. Juste une impression, on dirait que pour certaines personnes la destruction est comme un appel. Y’a des jours comme ça. Léo disait « à la galerie je farfouille dans les rayons de la mort », ce matin rien que des nouvelles noires, je me sens happée, alors je traîne sur le dailyelle, j’arrive pas à travailler. Je voudrais des nouvelles bleues ou coquelicots.

  • Julien

    Vous me faites pleurer avec vos mots. Je savais même pas qu’il était mort…

  • Hélèneu

    C’est très touchant ce que vous écrivez Sophie.

  • Elysabeth

    Sophie, je comprends ce que tu veux dire…

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